Les pays du N-11, leurs infrastructures et l'impact des « délocalisations hors de Chine »
Au cours de la dernière décennie, les pays qui constituent les N-111 ont tous considérablement œuvrés pour améliorer leurs infrastructures, ce qui leur a permis d'accroître leur productivité, de stimuler leur croissance et de renforcer le niveau de vie de leur population.
Si la qualité des infrastructures actuelles est très variable d'un pays N-11 à l'autre, tous doivent relever un, voire plusieurs, de ces défis : mise en place d'un approvisionnement en électricité fiable, réduction de la fracture numérique, construction de réseaux de transports de meilleure qualité et amélioration de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement.
Investir dans des sociétés cotées qui opèrent dans le secteur des infrastructures dans les N-11 apparait donc comme une stratégie gagnante tant pour les investisseurs que pour les pays des N-11.
Le manque de fiabilité ou d’accessibilité du réseau électrique, essentiel à l’accroissement de la capacité de production d’un pays, affaiblit souvent les perspectives de croissance à long terme de nombreuses économies émergentes se trouvant au premier stade de leur développement. Ainsi, au Nigeria et au Bangladesh, cela freine la croissance, car les entreprises et les ménages se voient contraints d’utiliser une électricité plus chère produite par des générateurs individuels. Le récent renforcement des équipements de production d’électricité des pays N-11 ouvre des perspectives positives et crée de nouvelles opportunités d’investissement dans l’acheminement et la distribution électrique.
L’accélération de la croissance économique dans les N-11 dépend de la réduction de la fracture numérique entre pays en développement et pays développés. La téléphonie mobile et le haut débit font partie de ces exemples d’infrastructures légères mais capables de révolutionner le paysage économique dans l’ensemble des N-11. Ainsi, outre leur fonction de communication, les téléphones mobiles permettent également d’effectuer des transactions financières. On recense actuellement au Nigeria plus de 70 millions d’utilisateurs de téléphone mobile alors que cette technologie y était pratiquement inconnue il y a 10 ans seulement3. En dépit de cette croissance, cela ne représente toujours qu’un faible pourcentage de la population totale, d’autant que nous estimons à plus d’un milliard le nombre d’utilisateurs potentiels de téléphones mobiles dans les N-11 d’ici 20304.
Faciliter l’accès à l’eau potable et à l’assainissement permettrait d’améliorer le niveau de vie et la santé des populations de ces pays, en particulier des plus vulnérables, et contribuerait ainsi à réduire les inégalités. De nombreux pays parmi les N-11 ont aujourd’hui réglé le problème de l’accès à l’eau ces 15 dernières années, et affichent des taux d’accès supérieurs à 90%. Même si l’amélioration des installations d’eau et d’assainissement incombe en grande partie au secteur public ou à des œuvres d’organismes caritatifs, le secteur privé peut encore tirer parti de cette situation, essentiellement en finançant des projets.
L’absence de réseaux routiers et ferroviaires de bonne qualité pose aux entreprises de sérieux problèmes d’approvisionnement tout en pénalisant la mobilité de la main-d’œuvre. C’est pourquoi la mise en place d’infrastructures fiables est une condition indispensable à la croissance. Au cours des vingt prochaines années, nous estimons que les N-11 construiront près d’un million de kilomètres de nouvelles routes goudronnées, soit pratiquement le double du réseau actuel4. Ce pas de géant, conjugué à l’accroissement de la richesse individuelle, devrait aussi avoir des retombées positives plus larges, comme une hausse de la demande de voitures et de pièces détachées. Ce sont ces opportunités que nous cherchons à exploiter.
En plus des avantages indéniables offerts par des infrastructures de meilleure qualité, il est essentiel que les pays N-11 exploitent les «délocalisations hors de Chine ». Il s'agit de la tendance des industriels des marchés développés à rechercher de nouveaux sites de productions moins chers, compte tenu de la hausse des salaires en Chine et de la volonté du pays de faire progresser ses capacités de production vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Actuellement, beaucoup des pays bénéficiaires de cette tendance sont parmi les N-11. Ainsi, les parts de marché du Bangladesh et du Vietnam dans les importations de produits industriels légers des Etats-Unis et de l'UE progressent de pratiquement 15% par an2.
Enfin, les «délocalisations hors de Chine » ont un impact immédiat et prononcé sur les pays N-11. Elles entrainent une multiplication des investissements étrangers, une progression de la richesse et de la consommation et une accélération de la croissance. Nous sommes ainsi tout particulièrement confiants dans la dynamique générée par ces délocalisations, qui incitent les gouvernements à développer leurs infrastructures de bases. En effet, ce phénomène améliore les conditions de croissance des pays et accroît la probabilité qu'ils exploitent pleinement leur potentiel, tout en créant des opportunités considérables pour les investisseurs.

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