Search

Goldman Sachs et la Grèce

Comme la plupart des pays européens, la Grèce utilise les marchés internationaux des obligations pour répondre à ses besoins de financement, en sus des emprunts effectués sur le marché national. De nombreux pays possèdent donc des encours importants de dettes en devises étrangères. La Grèce a, entre autres, activement fait appel aux marchés du yen japonais et du dollar américain.

Suite à la décision de la Grèce de rejoindre l’Union monétaire européenne et d’adopter l’euro (ce qui, en vertu des critères établis par l’Union européenne, demandait un taux d’endettement public inférieur à 60 %, la réduction du volume des dettes en devises étrangères est devenue une priorité pour la Grèce, comme pour la plupart des États européens souverains.

Selon le cadre comptable de l’U.E., les dettes en devises étrangères non couvertes devaient être converties en euros au moyen du taux de change de fin d’année. Le renforcement du dollar ou du yen par rapport à l’euro en 1999 et en 2000 a créé une hausse défavorable des niveaux de dettes officiels de la Grèce en euros.

Couverture de change

La Grèce a donc conclu une série d’accords de couverture destinée à convertir sa dette étrangère en euros, pratique courante adoptée par de nombreux États membres de l’Union européenne possédant un encours de dette en devises étrangères. A la fin de l’an 2000, Goldman Sachs possédait un portefeuille d’instruments financiers (swap) aidant à couvrir la dette grecque en dollars et en yens.

En décembre 2000 et en juin 2001, la Grèce a mis en place de nouveaux swaps de devises et a restructuré le portefeuille de swap de devises qu’elle détenait auprès de Goldman Sachs à un taux de change historique implicite. Ces transactions ont réduit la dette de la Grèce en devises de 2,367 milliards d’euros. Elles ont donc réduit le ratio de dette rapportée au PIB de 1,6 points, le faisant passer de 105,3 à 103,7 % du PIB.

Le gouvernement grec a déclaré (ce avec quoi nous sommes d’accord) que ces opérations étaient en ligne avec les principes d’Eurostat régissant leur emploi et leur application à l’époque.

Couvertures de taux d’intérêts

Les swaps de devises de décembre et de juin 2001 ont entraîné une baisse de valeur du portefeuille de swaps de Goldman Sachs. Pour compenser cette baisse, la Grèce et Goldman Sachs ont conclu un swap de taux d’intérêts à long terme. Ce swap de taux d’intérêts était adossé à une obligation grecque nouvellement émise, dont Goldman Sachs payait le coupon pour la durée de l’échange et recevait un taux d’intérêt variable.

Conséquences des couvertures de devises et de taux d’intérêt

Ces opérations ont permis de réduire la dette du pays de 2,367 milliards d’euros au total, et ont eu des conséquences minimes sur la situation fiscale du pays. En 2001, le PIB de la Grèce représentait environ 131 milliards de dollars et sa dette s’élevait à 103,7 % du PIB. Dès 2008, le PIB de la Grèce représentait environ 357 milliards de dollars alors que sa dette s’élevait à plus de 99 % de ce montant.